Succès Story

L’entrepreneur doit se convaincre qu’il porte en lui les germes de sa réussite

Gabriel Koueni est pour le moins que l’on puisse dire, un homme de rupture. Directeur Général de l’agence de Communication B&C, c’est un gagneur qui a choisi de prospérer dans une activité où l’on l’attendrait le moins : la communication publicitaire

L’orsque Gabriel Koueni vous parle de la communication, c’est avec cette passion angélique que l’on retrouve généralement chez les bons évangélistes. C’est peut-être ce qui lui est resté de ce rêve d’enfance qui le portait vers l’épiscopat. Ce financier de formation a réussi à bâtir ses lettres de noblesse dans le marketing. Lorsque le diplômé ESSEC de 1987 se lance de manière artisanale dans de petits travaux de communication graphique pour se faire un peu d’argent de poche, il est loin de se douter que cette activité pourrait influencer son avenir. Son exemple nous parle de ces improbables activités accessoires que nous menons et qui peuvent prendre le pas sur nos activités principales. Entrepreneur dans l’âme et jaloux de son indépendance, ce fils de planteur ne rêve que d’entreprendre. Sa formation à l’ESSEC de Douala vient conforter cette conviction héritée en partie de l’éducation parentale et sur
tout de sa riche expérience à Multiprint, la première société de production de supports de
communication d’Afrique sub-saharienne.Gabriel Koueni décide au bout de 7 années de
faire le grand saut, même sans grands moyens. L’agence de communication B & C
Communication verra ainsi le jour en 1996 dans un garage de Bonadibong, un modeste
quartier de Douala. 17 ans plus tard cette entreprise a gagné le respect des clients et de la
profession, et s’est installée à Bonapriso, le quartier chic de Douala. Elle est devenue un
groupe de communication publicitaire et son savoir-faire s’exporte avec succès dans les pays
de la sous-région. Afrique Mutations est allée à la rencontre de Gabriel Koueni pour mettre
en partage son expérience.
Afrique Mutations: Pourquoi avoir choisi de vous mettre à votre propre compte ? Gabriel Koueni : c’est pour réaliser un rêve que j’avais depuis longtemps. L’entreprenariat m’habitait depuis l’école. Après mes études, j’ai travaillé pendant 07 ans comme haut cadre à Multiprint, ce qui m’a permis d’accumuler de l’expérience pour prendre le risque. Nombreux sont ceux qui rêvent de se mettre à leur propre compte mais hésitent à faire le grand saut. A quel moment estime-t-on qu’on est suffisamment prêt pour se lancer ?
Il n’y a pas de moment, Faut avoir une vision et passer à l’acte. J’estime que la chose la plus
importante ce n’est pas la préparation de son départ, mais la décision de dire aujourd’hui je
mets un terme au confort salarial et je me lance dans l’aventure.Inutile de procrastiner  tenir compte de sa capacité à gérer une entreprise et ses aptitudes physiques pour faire face aux
tempêtes, C’est pour cela qu’il est conseillé de le faire assez tôt, lorsqu’on a de l’énergie. Il
faut voir grand, commencer petit et tout de suite. Je suggère de prendre des risques mesurés
sans s’éterniser sur des grands business plans.Et savoir que les affaires les plus rentables sur le papier sont les plus risquées. Il serait opportun de convaincre sa famille, son épouse si on est marié et un peu ses proches, car vous aurez besoin de leur assurance et bénédiction.
Il est vrai que c’est très difficile lorsqu’on a un bon salaire, avec un plan de carrière bien dé-
fini. On est loin de ces soucis qui sont le lot commun des entrepreneurs à certains moments de la vie de l’entreprise. Mais on peut être un très bon cadre supérieur et très mauvais entrepreneur. Faut aussi vérifier si on porte ces germes. Les poisseux et ceux qui se prennent pour des persécutés (malchanceux) auraient plus de mal de réussir. Entre nous, l’argent reste le nerf de la guerre. Comment avez-vous eu de l’argent pour vous lancer au Cameroun et sur les marchés internationaux ? Ce sont les idées qui créent l’argent et non le contraire. J’ai eu un début très difficile pour trouver des ressources nécessaires à la conduite du business. Mais la foi au projet et la capacité à porter des valeurs qui inspirent confiance nous ont permis de faire face aux tempêtes. C’est le sérieux, le respect de ses engagements qui fédèrent la sympathie des gens et amènent certains à vous accompagner. Plus concrètement, l’appui qui vous a permis de franchir un cap dans votre projet venait-il des banques, des microfinances, des Tontines, des prêts d’amis, etc? Les 2 modes de financement m’ont aidé.Je reconnais que ce sont les tontines qui m’ont permis de franchir le cap. J’ai eu l’appui des banquiers au début, mais les conditions étaient telles que ce n’était pas possible pour moi de ne compter que sur ce mode de financement. J’ai donc dû m’appuyer sur les tontines. C’est un cercle de solidarité ou la qualité de votre personne vous ouvre les portes à des niveaux de financement ponctuel assez déterminants et importants. Les banques ne financent pas le démarrage d’un business de l’immatériel et surtout dans l’intermédiation. Financier de formation à la base, vous êtes aujourd’hui un des grands spécialistes du marketing . En prenant ainsi du galon dans un
secteur d’activité où on vous attendait le moins, ne pensez-vous pas être un spécialiste de la
communication par effraction ? (rires) Jacques Séguéla était un pharmacien !!! Grand spécialiste !!!! Nonn !! Si vous voulez, je préfère manager d’un groupe de communication, qui maîtrise l’art de la communication