Le management féminin

Femme d’affaires, Alice Maguedjio est la première femme présidente du Syndicat des commerçants détaillants du Wouri (Sycodew) et membre de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA) du Cameroun. Elle est à l’initiative de l’Association des commerçants dynamiques du marché Mboppi (Ascodynm).

En tant que Présidente du syndicat de commerçants du plus grand marché de la sous-région Afrique centrale, n’est sans doute pas une responsabilité très évidente. Parlez-nous de vos challenges. A mon élection à la tête du SYCODEW, je trouve un syndicat peu structuré, en perte de vitesse et dans un moment délicat de son histoire. La démotivation est forte chez les membres, victimes de comportement peu honorables de certains agents de l’administration fiscale, de la délégation du commerce, de la douane, etc. Mon premier combat a été de mettre un terme à cette injustice, afin que les
marchés cessent d’être une jungle où les plus forts viennent s’engraisser sur les plus faibles. Il fallait à tout prix rétablir la dignité des commerçants, celle de la profession et redynamiser le mouvement associatif au sein des marchés. C’est un combat assez violent, contre un système d’injustice
orchestré par des puissantes mains souvent tapies dans l’ombre. J’ai dû payer le prix et continue à en payer, mais je ne démords pas pour autant.
Quel regard portez-vous sur la montée en puissance des femmes à des postes de management et de direction dans notre environnement ? Que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé, on assiste en effet à une véritable montée en puissance des femmes dans les sphères de direction
dans notre pays. C’est une bonne chose et cela arrive même un peu tardivement dans certains domaines. C’est l’occasion d’inviter toutes les femmes à croire véritablement en leurs capacités car beaucoup pensent qu’il revient toujours aux hommes de prendre les initiatives pour qu’elles suivent ou qu’elles soutiennent. Elles doivent aussi prendre la direction des choses et appeler la contribution des hommes. Elles ne doivent pas attendre « que l’on leur donne leur chance », elles doivent créer les opportunités de s’exprimer et de déployer leurs talents spécifiques. Bien évidemment, avec en plus, cette subtilité qui ne se retrouve que chez la femme.
Avez-vous vécu des expériences difficiles de manager spécifiquement du fait de votre statut de femme? Il n’est pas dans mes habitudes de me positionner devant les difficultés par rapport à ma situation de femme. Surtout quand je suis dans le cadre de mes activités syndicales ou professionnelles. Ceux qui m’ont abordé dans cette optique en ont eu pour leur grade. En tout état de cause, les activités que je mène, et plus particulièrement mes activités syndicales m’exposent à toutes sortes de vents, les uns aussi violents que les autres. Quand vous vous situez au carrefour des conflits sociaux, des intérêts contradictoires et des envies de toutes sortes, vous ne pouvez pas penser que c’est uniquement parce que vous êtes une femme que certaines choses arrivent. Je n’aime d’ailleurs pas me faire cette fixation. Il faut en toute
chose, garder sa lucidité et aborder les problèmes comme ils viennent, avec les armes que vous donnent l’expérience des hommes et des choses.

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